dimanche 18 janvier 2009

La peur des mots cause de maux

Pourquoi nomme-t-on Ministère de la santé, un ministère dont tout le budget est consacré à traiter les maladies et maux de toutes sortes? Pas un sous n'est consacré à faire la promotion de la santé. Le ministère de la santé est le ministère qui gère la maladie, il faut qu'il porte un nom correspondant à ses activités. Ce ministère doit être renommé Ministère des hôpitaux et services médicaux.

Un véritable Ministère de la santé, voué à l'éducation et à la promotion de saines habitudes de vie, doit être créé de toutes urgence.

En parlant d'urgence, pourquoi appelle-t-on Urgence-Santé le service d'ambulance qui répond à des urgences d'accidents et de maladies? Il n'y a jamais d'urgence quand on est en bonne santé.
La peur des mots.

Pourquoi appeler écocentre l'endroit où l'on accumule des déchets de toutes sortes?
Il n'y a pourtant rien de moins écologique qu'un dépotoir.
La peur des mots.

Pourquoi la prison est-elle devenue un établissement de détention?
Le nouveau résident de l'établissement de détention est-il moins malheureux que l'ancien prisonnier dans sa prison.
Les millions de dollars dépensés pour refaire les enseignes, changer la papeterie et tous les autres frais associés à ces changements de mots, auraient pu être consacrés à des programmes de réhabilitation et réduire certains maux de notre société bien pensante.

Pourquoi notre aveugle est-il devenu un non-voyant?
Serait-ce que notre société bien pensante soit devenue mal-voyante ?

Pourquoi tous les vieux sont-ils devenus des aînés?
Tous les aînés d'une famille deviennent un jour vieux, mais l'inverse n'est pas vrai.
Tous les vieux ne sont pas des aînés; la preuve, à l'âge de deux ans, à la naissance de mon frère Pierre, je suis devenu l'aîné de la famille et je n'étais pas vieux.

Maintenant que je suis devenu vieux, je profite de toutes sortes de privilèges uniquement justifiés par mon grand âge. Ces privilèges de vieux violent la charte des droits et libertés qui interdit toute discrimination fondée sur l'âge.
Si j'étais encore jeune, je poursuivrais devant les tribunaux tous ces vieux profiteurs.

En 1963, mon frère Martin est né mongol, à ce que le médecin nous disait. Il recommandait fortement à ma mère de le placer dans une institution. Ma mère, ne faisant qu'à sa tête la gardé à la maison et nous l'avons beaucoup aimé.
Dans les années 80, Martin est devenu trisomique 21.
Depuis que la peur des mots l'a fait changé de statut, est-il moins handicapé ?
Heureusement, mongol ou trisomique, il est toujours le photographe officiel et très aimé de la famille.

Et finalement une dernière perle:
Le décrochage scolaire est devenu un manque de persévérance aux études.
Quel grand pas pour l'humanité!

6 commentaires:

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  4. Bien dit. C'est bien vrai, la peur des mots.

    On ne fête plus Noël, mais bien les vacances de fin d'année. Ils ne sont plus sourds, mais bien malentendants. Et ils ne sont plus nains, mais de petites personnes! C'est drôle, mais je connais pleins de petites personnes qui n'ont pas les membres disproportionnés par rapport à leurs corps et qui ne marchent pas en se dandinant!

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  5. Ah ces euphémismes (autre beau mot) ! Ils servent bien la cause d'atténuation de la réalité au grand bénéfice des grandes entreprises de produits et de services de santé physique et mentale. La langue, comme le genre humain est vivante, mais pas forcément en progression constante. Lex mots qui créent des mots sont le reflet d'une société vivant beaucoup trop d'illusions et de désillusions.

    Josée Lafleur, trad. agr.

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