samedi 17 janvier 2009

La bataille du privé-public en santé

Les deux principales composantes de notre système de santé :
les services d'hôtellerie que sont les hôpitaux
les services médicaux rendus par les professionnels de la santé.

Tous les médecins sont des entrepreneurs privés avec place d'affaires et personnel de secrétariat qui facturent le gouvernement à volonté pour services rendus ou non au patient.

Les hôpitaux sont des organismes publics gérés par le gouvernement.

Pour le syndicaliste convaincu, il faut que tous ces "Professionnels de la maladie", mieux connus sous le nom de "Professionnels de la santé", deviennent des employés de l'état et ainsi augmenter les cotisations à son syndicat.
Il ne faut surtout pas que les services d'hôtellerie deviennent une multitudes de petites entreprises privées difficiles à syndiquer et donc peu rentables pour le business du syndicalisme.

Pour les tenants du libéralisme, il faudrait confier la gestion des hôpitaux aux professionnels de la gestion hôtelière, à la chaîne Jaro ou Hilton par exemple.

Pour moi, la première réforme à faire est de cesser de faire croire au patient que les soins médicaux sont gratuits. Il faut que le bénéficiaire du service en connaisse le coût et qu'il en accuse réception.
Il est aberrant de laisser des entrepreneurs privés, facturer le gouvernement à volonté sans aucune preuve des services rendus. Rien n'empêche l'entrepreneur privé de facturer au gouvernement une visite mensuelle alors que vous avez un seul rendez-vous annuel.

La deuxième réforme à faire concerne les services d'hôtellerie.
Peu importe que l'hôpital soit géré par le gouvernement ou par le privé:
Il faut que l'hôpital facture au patient tous les services rendus.
Il faut que le patient accuse réception des services effectivement reçus.
Il faut que le patient acquitte sa facture.
Il faut que la société solidaire rembourse au patient la portion qu'il ne peut pas assumer.
Le différentiel entre la somme acquittée par le patient et la somme remboursée par la société solidaire est ce que l'on appelle le ticket modérateur et ce ticket modérateur existe dans la plupart des pays d'Europe.
Il faut pondérer le ticket modérateur aux revenus du patient; ainsi ce ticket modérateur deviendra-t-il une façon de faire payer les riches.
J'entends déjà que les plus démunis comme les assistés sociaux ne pourront jamais acquitter leurs notes de frais médicaux.
Attendez de voir la mise-en-œuvre avant de monter aux barricades.


La carte d'assurance maladie.
Présentement, la carte d'assurance maladie ou carte soleil est une sorte de carte de crédit spécialisée, utilisable chez certains fournisseurs accrédités par le gouvernement.
Les fournisseurs accrédités sont pour la plupart des médecins, entrepreneurs privés.
Nous utilisons à volonté notre carte de crédit chez tous ces fournisseurs de services accrédités et le gouvernement rembourse à l'aveuglette et en totalité notre carte de crédit. Je dis à l'aveuglette car, nous les détenteurs de la carte, n'avons jamais accusé réception d'un service quelconque.
Le gouvernement émet à chaque mois des milliers de chèques à tous ces entrepreneurs privés.

La mise-en-œuvre d'un système de santé équitable.
Un nouveau concept:
L'argent doit suivre le patient via sa carte médicale.
La carte médicale est émise par une agence de crédit gouvernementale et/ou par des émetteurs de cartes de crédit privés. Le patient choisi son émetteur de carte médicale. Cette carte médicale est utilisable chez tous les fournisseurs accrédités par le gouvernement (tous les médecins et tous les hôpitaux). Mensuellement le détenteur de la carte médicale reçoit son relevé de compte et acquitte son solde au pro-rata de ses revenus. À titre d'exemple, le pro-rata serait calculé sur le revenu moyen des 5 dernières années. Celui dont le revenu moyen excède 2 000 000$ rembourse à 100% sa carte médicale. Celui dont le revenu moyen est sous le seuil de la pauvreté rembourse ,01% de sa carte médicale.

Avantages de la carte médicale:
Faire payer les riches.
Ticket modérateur pondéré à la capacité de payer du patient.
Contrôle implicite de la facturation abusive.
Simplicité de mise en œuvre.
Infrastructure gouvernementale minimale pour assurer une concurrence avec les émetteurs de cartes privés.
Les milliers de remboursements mensuels aux entrepreneurs privés sont remplacés par des virements aux émetteurs de cartes médicales.
Le gouvernement informe les émetteurs de cartes médicales du pro-rata à percevoir du détenteur de la carte.
L'émetteur de la carte peut départager les responsabilités de paiements et voir à la perception comme toutes les autres cartes de crédit qu'il émet.

Fin de la médecine à 2 vitesses.
Du fait que les hôpitaux peuvent maintenant facturer pour tous les services rendus, ils peuvent passer en mode haute vitesse puisque leurs revenus s'ajusteront automatiquement aux services rendus donc à leur dépenses. Fini la dictature bureaucrassique du budget.

Fin de la médecine à 2 vitesses. (bis)
Certains prétendent que l'expression "médecine à deux vitesses" fait référence au fait que les riches pourrait se faire traiter plus rapidement que les pauvres. C'est vrai qu'un premier ministre peut toujours aller se faire traiter à la clinique Mayo et nous n'avons aucun moyen d'empêcher ça; qu'une vedette de la TV se fasse traiter dans un bateau-hôpital haute technologie, amarré dans le port de Montrèal et nous n'avons aucun moyen d'empêcher ça
et aucun avantage de le faire.

La carte médicale permettra à tous, pauvres comme riches, d'accéder à tous services de santé disponibles au Québec, que ces services soient offerts par le gouvernement ou par des entrepreneurs privés.
Encore là, mort à la médecine à deux vitesses peu importe la définition que vous en donnez.

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